Pour qui n'a pas connu Villiers du temps de la défunte Seine et Oise, l'ambiance provinciale dont elle était alors favorisée n'est guère imaginable.
Supposons un instant qu'elle existe, la fameuse machine à remonter le temps qui a tant inspiré la littérature et le cinéma.
Par un sombre soir d'hiver, vous descendez du 206 à la mairie pour faire quelques emplettes.
La circulation est assez importante et il vous faut attendre que les feux tricolores vous soient favorables pour traverser et prendre la direction de la rue de Paris. Sur sa gauche, il y a encore le magasin de Jean-Michel, le chausseur, tandis que lui fait face sur la droite une boulangerie.
Quelques pas plus loin, un café mais il n'y a guère de clients sur la terrasse de la place des Tilleuls en cette saison. Non, c'est la vitrine lumineuse du magasin au coin de la rue de l'Eglise qui retient votre attention car on y voit les plus chics vêtements en vente à Villiers.
Un peu plus loin, c'est l'odeur appétissante qui émane du traiteur qui vous retient. Comment résister à l'invitation de ces mets délicats ?
Voici maintenant le carrefour avec la rue Debaize. Sur la gauche un café fait face à une mercerie tandis que, sur la droite, un autre café voisine avec la luxueuse devanture de l'Epi d'or, la plus grande joaillerie de la commune.
Les clients venus en voiture guettent si des places se libèrent. Ils se hâtent alors de régler leur disque de stationnement qu'ils disposent de façon bien apparente derrière leur pare-brise et qui leur permet de stationner une heure et demi dans la zone bleue.
Il y a affluence, ce soir, dans la poissonnerie Boutelet mais on se presse aussi dans la petite épicerie Viniprix.
Un peu plus loin, le fumet des viandes de volaille qui rôtissent devant le traiteur Thauvin invite à penser au repas dominical. Mais on peut aussi déposer du linge à la blanchisserie qui s'interpose entre le traiteur et la pâtisserie tenue par la même famille, la plus réputée de Villiers à l'époque.
En face, après le marchand de quatre saisons, c'est la grande librairie-papeterie Pagès où la plupart des écoliers se munissent des protège-cahiers et des plumes indispensables à leurs études.
Au coin de la rue Louis Lenoir, une boulangerie peine à égaler son prestigieux vis-à-vis.
Vient ensuite l'agence d'auto-école. A l'époque, elle a en vitrine quelques maquettes de carrefours où figurent des automobiles Norev qui suscitent la plus grande attention des garçonnets. Mais ce n'est qu'une mise en bouche car, au bout de la rue, il y a sur la droite un grand bazar dont l'une des vitrines est remplie de modèles Dinky Toys.
Villiers, il est vrai, ne s'animait qu'après 4 heures de l'après-midi car, comme en province, les magasins y étaient fermés à partir de la pause de déjeuner. Mais le client y avait alors accès à tous les produits qui lui étaient nécessaires, avec une qualité dont on regrette de devoir dire qu'elle n'a plus été égalée depuis longtemps ...
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